Avec son plumage vert vif et sa longue queue, il n’est pas rare d’apercevoir une perruche à Paris. Clandestin en France depuis 40 ans, ce petit perroquet inquiète de plus en plus. Cette invasion représente un danger pour notre faune et flore.

Mais d’où vient cette boule de plumes vertes ?

Figurez-vous que ce volatile coloré de 40 cm niche en France depuis les années 1970. La tendance était alors à l’exotisme et comment résister aux beaux yeux de ce petit animal vert ? Originaire d’Afrique et d’Asie, la Perruche à Collier marque les esprits et passionne avec ses couleurs vives. C’est ainsi qu’à Orly débarquent les premiers spécimens pour le plus grand plaisir des amoureux d’oiseaux. Une porte mal fermée permit à une cinquantaine d’entre eux de “se faire la malle”. C’est le début de sa colonisation en France, en commençant par l’Île-de-France.

Par ailleurs, les perruches peuvent vivre 30 ans en captivité. Les propriétaires s’en lassent vite et ont tendance à les relâcher dans la nature. Aujourd’hui, elles seraient près de 10 000 à voler au-dessus de nos têtes françaises. Ouvrez l’œil et tendez l’oreille, vous entendrez peut-être leurs singuliers jacassements “mélodieux”.

Une star un peu trop squatteuse…

La population de la perruche a été multipliée par 100 en seulement 30 ans faute de prédateur. C’est qu’il commence à prendre de la place l’animal ! Les experts qualifient cette espèce d’invasive car, en plus de se multiplier trop vite, elle gêne le développement des autres espèces. Fainéante et se croyant tout permis, la perruche à collier n’hésite pas à s’installer dans le nid d’autrui et à en chasser ses habitants.

Perruches près d’une mangeoire

Grande mangeuse de fruits, elle se goinfre des produits français au détriment des agriculteurs. Pommes, poires, abricots, tout y passe. En campagne, elle fait donc des ravages. Qu’en est-il de Paris ? C’est encore les autres volatiles qu’elle embête, elle mange trop et ne laisse presque rien aux autres. La nourriture se fait rare pour les mésanges et les moineaux. Ces derniers sont pourtant en danger suite à la disparition d’un tiers de leurs congénères d’après nos sources .

Elle écarte de nos villes les derniers écureuils roux, fait fuir d’autres volatiles et mange les bourgeons. Est-elle toujours aussi mignonne d’après vous ?

Jolie à première vue, on comprend vite que cette squatteuse n’est pas si inoffensive que ça.

La Perruche, y’en a marre !

En Europe, certains comme à Londres ont pris des mesures radicales pour la chasser. Chez les Anglais, où on ne compte pas moins de 30 000 spécimens, pas de quartier : vous êtes autorisé à la tuer. Pour quelques habitants, la beauté de l’oiseau masque le danger qu’il représente pour la biodiversité de la ville.

En Israël on réfléchit aussi à chasser l’animal qui ruine les récoltes de graines de tournesol dont il est friand.

Et en France alors ? Allons-nous nous laisser attendrir par son plumage ? Le gouvernement ne semble pas inquiet de cette situation. Nombreux sont ceux qui luttent pour agir avant qu’il ne soit trop tard pour la chasser. Et vous, qu’en pensez-vous ? En tout cas une chose est certaine, cet oiseau ne nous fera pas que du bien.