En 1985, François Mitterrand déclarait “Comment pouvons-nous continuer à lancer des fusées sur fond de bidonville ? ». Pour de nombreux guyanais, rien n’a changé depuis 33 ans. Après le mouvement historique du 28 mars 2017, les investissements promis par le gouvernement ne se font pas ressentir.

Où se situe la Guyane ?

La Guyane est un département français qui se situe à 7 000km de la France métropolitaine. Frontalier avec le Brésil et le Surinam, il est géolocalisé dans l’hémisphère sud du continent américain. Ce territoire a la population la plus diverse, on rencontre des créoles, des brésiliens, des amérindiens, des bushinengués, des libanais, des laosiens, etc…

On apprécie reconnaitre ses nombreuses qualités, mais on est forcé de constater que depuis 2014 elle est première au palmarès des régions les plus dangereuses de France (avec 72 meurtres en 2017).

Que c’est-il passé le 28 mars 2017 en Guyane ?

Suite au meurtre d’un jeune garçon pour un collier en or, un mouvement c’est formé. Le groupe de 500 frères contre la délinquance à commencer à porter des messages de colères sociales face aux nombreuses violences et à la terreur qui touche ce département. Tous les syndicats Guyanais ont commencé à suivre le mouvement et également protester dans leur domaine. L’ensemble des secteurs d’activités étaient concernés : l’insécurité, la santé, l’économie, l’agriculture, le spatial ou encore l’énergie. Tous unis pour le même et unique but, développer la Guyane. Un mouvement  social qui c’est traduit par une journée    « morte », le mardi 28 mars 2017, un évènement historique en Guyane. Plus de 20 000 personnes étaient dans les rues guyanaises pour manifester leur mécontentement au gouvernement français qui reste trop indifférent. Finalement celui-ci s’excuse par l’intermédiaire de la ministre de l’Outre-Mer Ericka Bareigts. Reconnaissant ainsi le manque d’investissement dans le département. Des promesses sont signées comme le déclenchement d’un plan d’urgence d’un milliard d’euros qui comprend une trentaines mesures concrètes (dans les domaines de la sécurité, des infrastructures, la justice, la santé et l’éducation).

La manifestation guyanaise du 28 mars 2017

Un an après, qu’est-ce qui a changé ?

Selon le Ministère de l’Outre-Mer, 77% des accords sont encore en cours d’applications. Mais pour beaucoup de guyanais, les changement ne se ressentent pas.

Ce qui a changé

Des renforts de gendarmes sont arrivés, 70 exactement. Le premier bilan sur les meurtres depuis le début de l’année 2018 est de -6%, sur les vols avec violences -21% et sur les vols à mains à armés -20%. Une bonne dynamique qui se retrouve dans le domaine agricole. Plus de 5 millions d’euros ont été débloqué pour les agriculteurs guyanais.

Ce qui n’a pas changé

L’Hôpital de Cayenne, le symbole du sentiment d’abandon de la Guyane. Sanitaires en mauvais états, peintures écaillées, moisissures et effondrements des infrastructures. Trente millions d’euros sont prévus pour le rénové, les travaux ont bien commencés mais c’est insuffisant pour les habitants guyanais qui estiment que leur vie est plus en danger quand il rentre dans cet hôpital.

Hôpital de Cayenne, symbole de l’abandon de la Guyane

L’attente d’un nouveau centre pénitencier, d’un collège et d’un lycée sont indispensables au développement du département. Des mesures d’urgence qui ne règlent le problème sur le long termes pour l’ancien leader des 500 frères contre la délinquance, Mickaël Mancée « Si on se base sur les chiffres d’aujourd’hui, pour des infrastructures qui vont sortir dans 5, 6 ou 7ans. On sera encore en retard. C’est pratiquement inutile, ce qui est entrain de se faire. Il faut qu’on anticipe plutôt que courir pour rattraper son retard.»

Trente trois ans après le gouvernement français va-t-il enfin prendre en considération les besoins de la Guyane ?