Je suis hypersensible. C’est en tout cas mon diagnostic, inspiré d’une méthode DIY. Pour les non bilingues, non branchés et non Parisiens ça donne « Do It Yourself » et donc « fais le toi-même ».

Hypersensible, qu’est ce que ça veut dire ?

En gros, que je pleure souvent. Je vous vois d’ici avec vos « oh mais elle doit exagérer » (un point de vue d’ailleurs souvent porté aux hypersensibles). Et bien j’aimerais. Mais non. Je pleure à la fin de D&CO, la fameuse émission de notre Damidot préférée, j’ai aussi beaucoup pleuré devant les épisodes des malheurs de Sophie. J’ai perdu une grande quantité de larmes dans les derniers évènements qui ont touché notre pays, mais restons dans une optique plus joyeuse.

Alors certains m’accorderont une « bonne raison », si je puis dire, de pleurer. Mais difficile d’en trouver partout. Alors pour continuer la liste : je pleure aussi à chaque bonne ou mauvaise blague, à chaque compliment qu’il soit pour moi ou pour quelqu’un d’autre. Chaque bon souvenir remémoré est aussi l’occasion d’une petite larme. Pour tout vous avouer j’ai même le souvenir d’avoir pleuré pour une bonne note.

Mais les larmes ne sont pas la seule façon d’exprimer cette caractéristique si particulière. Je m’extasie d’un rien, me passionne pour les photos inutiles. Je suis capable de trouver un sens caché dans, à peu près tout. Surtout lorsqu’il n’y en a pas. En fait, c’est un peu comme si j’étais Miss France, mais avec le physique en moins.

Pour les plus terre à terre qui n’arriveraient toujours pas à saisir l’étendue de la chose, je vais tenter d’être plus claire. C’est comme si mon esprit était 25 fois plus rapidement submergé par les émotions que ceux des autres. Pratique, non ?

“La réaction de l’hypersensible va croître comme la fonction exponentielle”

On estime qu’environ 25% de la population mondiale possède les caractéristiques de l’hypersensibilité. On explique ce phénomène par une « plus forte réactivité à une même stimulation ». Les hypersensibles, étrangement, sont souvent perçus comme des personnes froides. Dans une situation X, ils ne vont pas percevoir l’émotion de la même façon. Simplement parce qu’en dessous d’un certain seuil, l’hypersensible n’aura aucune réaction, là où un autre individu pourrait être touché. Mais, dès lors que la stimulation dépasse ce seuil, la réaction de l’hypersensible va croître comme la fonction exponentielle de vos cours de maths. C’est précisément là qu’arrivent les larmes, dès lors qu’on dépasse le taux d’émotions ressenti par les neurotypiques (ces chanceux qui gèrent leurs émotions sans soucis).

Et pour ceux à qui les mathématiques ne parlent plus, ça ressemble à peu près à ça :

Schéma explicatif

Tout ça, ça veut dire quoi ? Que je pleure beaucoup, oui, mais pas que. Je suis aussi incapable de supporter, travailler ou penser s’il y a du bruit. Les situations de stresse m’empêchent de réfléchir et la moindre peine peut très vite me dévaster. Mais rassurez-vous, à l’inverse un, « ton vernis est sympa » aura l’effet chez moi d’un « tu es la plus belle personne que j’ai jamais vu ».

Je n’ai jamais pu regarder la fin de Bambi. Je n’ai d’ailleurs jamais pu voir le film entièrement. Enfin si. J’ai finalement accepté de retenter l’expérience à 19 ans. Soit 14 ans après mon premier essai. Pour ce qui est de vous parler de Rox et Roucky, je dois d’abord finir de me psychanalyser, pour assumer les 83 minutes de larmes.

 

Pour en savoir plus sur l’hypersensibilité, je vous invite à lire et écouter cette émission.

Et pour le conseil beauté, découvrez mon must have ici.