Le Jour J est enfin arrivé. Nous nous sommes réveillé et avons pris notre petit-déjeuner sur la terrasse de l’hôtel. Les yeux rivés sur notre challenge de ces 2 prochains jours, culminant à plus de 6 000 mètres d’altitude, le volcan « El Misti » domine la ville d’Arequipa au Pérou. 

Le départ

8H00 : Après avoir enfilé à la fois nos vêtements et les trois bananes que nous considérons comme notre petit-déjeuner, nous rejoignons notre agence de tourisme située à deux pas de l’hôtel. C’est là-bas que nous rencontrons Renan : notre guide pour cette aventure. 
S’en est suivi un essayage de gants, bonnets et bâtons, les questions fusaient pour en savoir plus sur l’épreuve qui nous attendait. Mais surtout la plus grosse question persistait : une bonne endurance est-elle nécessaire pour tenter cette ascension ? On nous a répondu, dans une langue à mi chemin entre l’espagnol et l’anglais, que “non,  c’était une promenade de santé”. Un jugement un peu trop hâtif à notre goût, mais nous découvrirons ça dans quelques heures.
Petit conseil : vérifiez que votre guide parle au moins bien anglais, car il est nécessaire d’avoir une excellente communication lors de la montée. 

9H00 : Notre 4X4 est venu nous chercher devant la boutique. Après une halte dans un petit marché typique de la ville, nous nous sommes approvisionnés en fruits et bouteilles d’eau (à ne surtout pas négliger), sans oublier les feuilles de coca (pour combattre le mal de l’altitude). Nous étions enfin en chemin, et cela, pour deux heures, le tout sur une route sinueuse. Tout ça n’avait aucune importance pour nous : l’excitation était bien trop palpable dans le véhicule. 

Les premiers pas

11H00 : Notre taxi, nous a déposé à 3 415 mètres d’altitude devant un panneau indiquant le début de l’ascension. C’est maintenant que les choses commencent. La marche débute bien, nous nous sentons en confiance. Quand nous demandons au guide combien de temps cela va nous prendre, il nous répond que “ça prend généralement quatre heures de bonne marche pour atteindre le camp de base”. J’ai regardé mon frère, esquissé un sourire, et lui ai dit « Easy, on y est dans 3 heures ». J’ai encore gagné une occasion de me taire. 

15h00 : Toujours pas de camps de base à l’horizon, nos pas sont lourds et le manque d’oxygène commence à se faire ressentir. Évidemment, tout cela dû à une altitude élevée. Un léger mal de crâne fait son apparition, alors nous nous bourrons de feuilles de coca pour combattre cette douleur. Nous sommes déjà à notre 5ème pause et avons bu 1 litre d’eau sur les 4 que nous avions emportés. Renan nous parle de son pays, de la corruption et de la qualité de vie au Pérou. Nous reprenons la route, car le soleil commence à se coucher et que nous avons encore le dîner à préparer ainsi que les tentes à monter.

panneau depart el misti
Panneau départ du El misti

L’arrivé au camp de base :

Tente camp de base
El Misti Pérou

16H00 : Nous apercevons enfin les derniers mètres qui nous séparent du camp. Il nous donc aura fallu 5 heures pour atteindre les 4 800 mètres d’altitude.
Malgré la fatigue, une joie nous envahie. Nous nous attelons donc sur le montage de la tente devant un magnifique coucher de soleil derrière les montagnes qui nous font face.

18H00 : Le guide nous appelle pour déguster une délicieuse soupe au maïs, puis nous nous effondrons dans nos duvets car demain le réveil pour l’ascension finale est à 1h du matin pour le sommet du El Misti.

 

coucher de soleil
Chachani Pérou

 

Les derniers 2000 mètres :

1H00 : La nuit fût courte mais réparatrice. L’épreuve la plus dure commence. Nous marchons d’un pas serein derrière Renan. Il fait froid et nous avons tous les deux une énorme barre au front. On dirait que les feuilles de coca n’ont eu qu’un effet placebo. 

2H00 : Nous n’avons plus d’énergie, Hugues vomi, je suis pas loin d’y passer aussi. Notre guide nous demande si nous voulons continuer. Il nous annonce que nous sommes à 5 800 mètres. Si proches du but, nous devons malgré tout jeter l’éponge. Nous restons quand même très fiers de nous, car, sans aucune préparation, nous avons dépassé nos limites. Nous retournons finalement au camp de base pour nous effondrer sous notre tente. À 8h00, nous commençons la descente.

drapeau français
Photo souvenir au sommet avec le drapeau Français

11H00 : Nous retrouvons notre 4X4 du début et sur le chemin nous rencontrons un jeune homme Russe qui a fait l’ascension jusqu’au sommet, sans guide cette fois, mais surtout avec une paire de tennis en toile. La jalousie nous prend, mais nous partageons quand-même une bière avec lui. De retour à l’hôtel nous sommes exténués, mais très heureux d’avoir accompli cet exploit.

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Et notre balade beaucoup moins sportive sur l’île de Naoshima au Japon