Le 16 mars dernier se tenait la « marche du siècle » en réaction à l’inaction du gouvernement français face à crise climatique qui frappe de plein fouet nos sociétés. Au programme : écologie mais aussi questions sociales et féminisme. 

Genèse de la marche du siècle 

Crédit : Le Monde – Milos Krivokapic

Novembre 2018 : une pétition nommée « affaire du siècle » circule sur les réseaux sociaux. Son but ? Attaquer le gouvernement en justice pour inaction climatique et appeler à manifester lors de la marche du siècle. À l’initiative de ce projet, 4 associations : Notre Affaire à Tous, la FNH, Greenpeace France et Oxfam France. Ces dernières déclaraient s’engager à « assumer la responsabilité juridique et financière […] ». Appuyée d’une vidéo, de multiples célébrités venues de divers horizons portent cette affaire du siècle. Parmi elles : Juliette Binoche, Pierre Niney, Guillaume Meurice, Cécile Duflot, ou encore François Boulo. L’écho est immédiat : 100 000 visiteurs uniques par heure le soir du lancement. Très vite, la vidéo devient virale. Pour cause, la pétition compte aujourd’hui plus de 2 millions de signatures. En regroupant plus de 450 000 personnes dans 220 villes de France, ce qui se voulait être « la marche du siècle » fut une marche historique.

Une marche pour plus de justice sociale ? 

Crédit : Sylvain Lefeuvre pour Radio Parleur

Conjuguer le social et l’écologie. Tel était l’objectif de manifestants (écologistes comme gilets jaunes, populaires

comme anonymes) et de  figures politiques. En effet, militants écologistes et gilets jaunes appelaient les uns et les autres à la convergence de ces deux mouvements. Cyril Dion – écologiste et réalisateur du documentaire Demain déclara “la cause de la destruction des écosystèmes se trouve dans ce modèle économique ». Idem, dans l’autre « clan » : Priscillia Ludosky, figure du mouvement des gilets jaunes appelait également au rassemblement et selon ses mots à être « tous unis pour sortir dans la rue ensemble ». Enfin, certaines figures politiques – dont le député insoumis de la Somme François Ruffin  – plaidaient pour cette jonction des deux manifestations.

Une marche écoféministe ? 

Crédit : Sandy Dauphin pour France Inter

Parmi les manifestants : des écologistes donc, des gilets, jaunes mais aussi des féministes. Des éco-féministes brandissaient effectivement des pancartes sur lesquelles étaient inscrites « sauvons le clitoris planétaire », « pubis et forêt, arrêtons de tout raser » ou encore « la planète, nos chattes : protégeons les zones humides ». De plus, de nombreuses personnalités publiques ont pris part au débat. Certaines participant à cette marche, d’autres en réagissant via les réseaux sociaux. Ce fut notamment le cas de Marion Cotillard, depuis toujours très impliquée dans la cause environnementale. D’autres comme la chanteuse Angèle, ont prouvé leur soutien non seulement à la cause écologique mais aussi au mouvement féministe en relayant sur Instagram des photos de ces pancartes aux slogans écoféministes. Ce fut également le cas du compte Instagram « t’as joui ? » dont le but est de libérer la parole sur la jouissance des femmes, et de bon nombre de leaders d’opinion. L’engagement des féministes dans la société semble en effet croissant – comme en témoigne entre autre l’article de Clara Piorowicz.

L’opinion publique s’est donc massivement mobilisée pour défendre les causes qui lui tiennent à coeur. Ecologie, questions sociales et féminisme : somme toute fusion des problèmes qui agitent ces temps-ci la société française. Un bel exemple de cohésion en ces temps de fracture sociale, malgré un message hautement alarmant…