Si je vous dit « Lil Miquela », vous pensez tout de suite à une chanteuse… Et vous avez raison ! Mais Miquela Sousa est bien plus particulière que ce qu’il n’y paraît…

De la science-fiction…

Il y a 16 ans, en 2002, Daniel Cain lançait Cain Intelligence, une entreprise de conseil en intelligence artificielle. Son projet ? Créer un robot-domestique sexuel (oui, oui, assez pervers le mec !) : la future Miquela.

En 2015, Cain Intelligence fait appel à Brud, une autre société elle aussi spécialisée dans l’intelligence artificielle et la robotique, afin de perfectionner le robot. C’est à ce moment que les créateurs de Brud se rendent compte du projet pervers de M. Cain, ils décident alors d’effacer sa mémoire pour le préserver, de reprogrammer le robot et d’en faire Miquela Sousa. Une star est née !

 

Miquela Sousa, Intelligence Artificielle
© Instagram @lilmiquela

C’est en 2016 que Miquela lance son compte Instagram et qu’elle « break the Internet ». Elle est belle, jeune et très engagée. Elle soutient de nombreuses causes comme le mouvement Black Lives Matter, les droits de la communauté LGBT (Lesbian, Gay, Bisexual & Transgender)  ou encore le contrôle des armes. Et c’est une it-girl ! Elle habite à Los Angeles, pose avec les plus grands mannequins, designers et photographes, a sorti deux chansons sur Spotify et sa garde-robe est à la pointe de la mode. Elle a d’ailleurs défilé pour Prada à Milan. Finalement tout est bien qui finit bien.

… aux airs de fan-fiction.

Mais pas si vite ! Il est facile de deviner qu’il était hors de question pour Cain Intelligence de rester sans rien faire après s’être fait voler leur robot. La même année, afin de se venger en volant le succès de Miquela, l’entreprise crée Bermuda, un robot avec des idées politiques diamétralement opposées à celles de la mannequin. (Coïncidence ?)

Bermuda, Intelligence Artificielle de Cain Intelligence pour contrer Brud
© Instagram @bermudaisbae

Bermuda est, en effet, pro-Trump, de l’alt-right, anti-écolos et en faveur du lobby des armes. Lorsqu’elle fait son entrée sur Instagram, et Internet plus généralement, elle rentre rapidement en contradiction avec Miquela. Le 17 avril dernier, elle pirate le compte de la mannequin supprimant ses photos, les remplaçant par ses propres clichés et menaçant de dire la vérité sur la nature de la jolie brune sous 48h, à moins que celle-ci ne reconnaisse la-dite vérité publiquement.

Le 19 avril, après une rencontre entre les deux parties, Miquela poste sur son compte Instagram l’histoire de sa vie et l’offre par la même occasion à la toile. C’est un choc douloureux pour elle, qui ne s’en rappelait plus, mais la réponse à beaucoup de questions pour les internautes.

… On y croirait presque.

Une intelligence artificielle pour parler du superficiel

Mais tout ceci n’est que fiction. Bien que cette histoire soit digne d’un épisode de Black Mirror, dans notre monde réel, la seule chose qu’on sache sur Miquela, Bermuda, Shudu Gram et Blawko (deux autres I.A.) c’est qu’ils auraient potentiellement été créés par un collectif de hackers… Pas grand chose, quoi !

 

© Instagram @shudu.gram

Partant de ce fait, une théorie dit que tout ce projet vise à questionner notre société. Dans un monde où tout est réseaux sociaux et image, en quoi une intelligence artificielle présente sur Instagram ou Twitter est-elle différente d’une identité artificielle affichée par une influenceuse belle et bien humaine ? Cette dernière poste autant de fake qu’une Miquela ou une Bermuda : des clichés mis en scène, retouchés et lissés.

Blawko, Intelligence Artificielle
© Instagram @blawko22

Finalement, on en vient à s’interroger sur le réel et la fiction. Si notre vie est notre réalité et que cette vie se résume à tout cet artifice que nous exposons, alors notre réalité est artificielle.

L’intelligence artificielle serait-elle donc tout aussi réelle que nous ?