Tous les ans il y a plus de 6 000 personnes qui sont infectés par le Sida. En France le pourcentage ne cesse d’augmenter. Je suis allée à la rencontre d’un père de famille qui va nous partager son témoignage après avoir été infecté à son insu.

Tout a commencé un soir où je ne suis pas rentré

Étant un homme d’influence, PDG d’une grande chaîne d’hôtellerie à travers le monde, j’ai souvent été convié à des soirées un peu particulières : des orgies. Ce sont des soirées liées au sexe où une sélection de personnes sont conviées, il n’y aucune limite tant que l’hygiène est respectée. On peut observer des gens en plein acte, comme eux peuvent aussi le faire. Homme avec homme, femme avec femme, homme/femmes, à plusieurs ou à deux tout est permis. 

orgie

Alors au fur et à mesure des années de pratique je suis devenu BISEXUEL. Les drogues coulaient à flot, je n’ai jamais été dans mon état naturel.

Pratiquement tous les week end je participe à ces orgies pour me détendre et échapper à mon quotidien. Parfois même la semaine s’était devenu une addiction. J’avais honte à chaque fois que je rentrais chez moi et que je voyais ma femme que j’ai tant aimé. Où était passée cette passion ? Qu’était devenue la femme que j’ai connu? Et pourquoi en étais-je arrivé là ? Ce sont les questions qui ont hantées mon quotidien.

Tout a commencé un soir où je ne suis pas rentré. Il était 23 heures, je venais de finir le boulot et je n’avais aucune envie de rentrer chez moi retrouver ce lit où ma femme s’endort depuis 30 ans à 21 heures. Alors j’ai sortie mon téléphone et décidé de voir où était la soirée. Je m’y suis rendu, plutôt dans un bon état d’esprit, juste ayant envie d’oublier les soucis. 

En arrivant là-bas comme d’habitude les téléphones sont interdits, je dépose alors mon téléphone et ma veste de costume à l’intérieur du casier. L’hygiène est extrêmement stricte dans ce genre de lieu, douche et préservatifs sont obligatoires. Puis je me dirige vers le bar et je commence à boire un verre, puis deux.. Puis quand j’ai commencé à me sentir bien et détendu. Je suis allé vers ces hommes et ces femmes qui avaient l’aire aussi détendus que moi. On a commencé à fumer ce qu’ils appelaient de la « DINA » mais qui n’était qu’en réalité que du crack et cela je l’ai appris bien plus tard.  

J’ai pris cette Dina et la j’ai commencé à planner, puis bizarrement au fur et à mesure de la soirée je me sentais de moins en moins bien et de moins en moins conscient. Effectivement, je me suis réveillé le lendemain sans aucun souvenir. Sauf une impression qu’on m’avait piqué le bras. J’étais tellement mal que j’ai décidé d’aller aux urgences pour faire un check up, à ce moment là ils ont trouvé des traces de GHB dans mon organisme et une trace de piqûre dans mon bras. J’ai vite compris pourquoi je ne me souvenais de rien mais je vous avoue que cette trace de piqûre ne m’a pas plus inquiétée que ça.

C’est là qu’un médecin m’annonça le pire

Après cette épisode pendant plusieurs semaines je suis resté avec ma famille, j’étais depuis cette fameuse soirée de plus en plus fatigué. La troisième semaine alors que j’étais en week end avec ma famille, je suis tombé extrêmement malade, des nausées, des vomissements, une extreme fatigue. C’était inquiétant.  Ma femme a commencé à trouver la situation inquiétante alors dès notre retour à Paris je suis allé faire un tas d’examens et de prises de sang. 

C’est là qu’un médecin m’annonça le pire. Ce genre de situation, qu’on pense ne pouvoir arriver qu’aux autres. « Monsieur ******* je suis dans le regret de vous annoncer que vous êtes séropositif. »

sida

Alors, je ne sais pas comment vous décrire cette sensation. C’est comme si le monde c’était écroulé, toutes les images de mes conneries défilées. Tant de regrets et qu’est-ce que j’avais honte devant ma femme. Je me suis mis à pleurer de désespoir, d’un seul coup j’avais peur de tout. 

Le médecin me regarde et me dit « On vit très bien avec le SIDA de nos jours, il suffit de prendre un traitement qui arrêtera l’infection et vous permettra même de ne plus paraître positif lors d’un dépistage. Vous allez juste vivre avec le virus. Mais comme on l’a découvert très tôt, il se développera très lentement dans votre organisme si vous prenez correctement votre traitement ! »  C’était une part de soulagement et de haine. 

Puis la question fatale arriva « Avez-vous eu des comportements à risques ces dernières semaines ? » Dans ma tête c’était  «  Évidemment, pratiquement tous les soirs dans ce club ! Mais c’est impossible car je me suis toujours protégé, je n’ai jamais embrassé quelqu’un où été en contact avec la muqueuse de quelqu’un. » 

On m’avait drogué et injecté le virus avec une seringue !

Pendant des heures, mon cerveau tourne et tourne en rond, puis comme une évidence j’ai commencé à reconstituer ce puzzle. Cette fameuse soirée où je me suis réveillé sans aucun souvenir, et bien voilà l’origine de mon infection. On m’avait drogué et injecté le virus avec une seringue !

pomme injection

Pourquoi suis-je catégorique ? Car il y avait un homme dans ce club avec qui je m’étais fortement rapproché auparavant. On se voyait même à l’extérieur. Cet homme m’a fait vivre une vraie décente au enfer. Il était sénégalais, c’était un informaticien doué, très beau garçon d’environ 1m96, un corps parfait. Il faisait tomber toutes les filles mais lui aussi était devenu bisexuel.

Au début, c’était sympa on se voyait, on partageait que des bons moments, on partait en voyage tous les deux. Puis, il a vite pris ses aises et j’ai commencé à lui payer un appartement, je lui ai donné de l’argent quand il le voulait. Je lui ai même ouvert une société qui marchait très bien d’ailleurs. J’étais tombé amoureux de lui et aveuglé par cet amour. Mais lui, avait tellement soif d’argent. Il a commencé à me faire du chantage, il me menaçait d’aller voir ma femme et de tout révéler. 

J’ai cédé à chaque chantages… J’étais dans une emprise psychologique totale. Jusqu’au jour où il m’a séquestré en présence de plusieurs amis à lui, il avait piraté mon ordinateur en menaçant de dire à tous mes contact professionnels que j’étais bisexuel, si je ne lui donnais pas 10 000 €.

C’était allé trop loin alors ce jour là j’ai porté plainte en lui montrant que moi aussi je pouvais agir. J’ai coupé les ponts avec lui, mais il continuait à m’harceler. J’étais devenu son obsession, sa mine d’or. Le parfait pigeon. Mais il me répétait tous les jours « JE ME VENGERAIS ! ». Je me disais que cela lui passerait. 

Jusqu’au jour où il a disparu. 

Cet homme m’a donné la mort ! 

Puis venu ce fameux soir où je suis arrivé dans le club et j’avais comme une forte impression de sentir sa présence, son odeur. Mais bon pour moi c’était juste les souvenirs qui revenaient, ça ne pouvait pas être possible. Mais en me rappelant de la scène, je vois ça comme une évidence. Ça ne pouvait être que lui qui avait mis du GHB dans mon verre. Car les vagues souvenirs que j’avais de cette soirée, j’ai comme une forte impression qu’il était là.. Puis cette soudaine sensation de piqure dans le bras tout le puzzle se reconstitué.  

J’en étais sûr ! C’était lui, il s’est vengé ! 

J’étais obligé de tout raconter à ma femme, sur le coup elle m’a pris pour un fou mais elle m’a quand même soutenu dans mes démarches. Je suis allé en parler à mon avocat qui s’était occupé des poursuites contre lui et il me conseilla de porter plaintes contre lui. 

Il s’est fait convoquer au commissariat quelques jours plus tard. Les inspecteurs l’ont longuement interrogés car ce n’est pas à prendre à la légère ce genre d’accusation. Au début il a tout nié en bloque. Il n’y avait rien à faire, puis les inspecteurs me prospèrent une confrontation. Je vous avoue que j’avais peur de me retrouver avec lui, car je l’avais tant aimé mais lui m’avait tant brisé et humilié.

Au fond de moi, j’espérais m’être trompé. Il est arrivé dans le bureau des inspecteurs avec une nonchalance déconcertante, puis il m’a regardé avec des yeux remplis de haine et colère. Puis la confrontation a débuté, il niait encore face aux questions des policiers. Puis j’ai décidé de lui poser moi même la question même si je n’avais pas le droit de prendre la parole. 

Et là d’un coup une rage l’a envahit et il commença à tout avouer : « Oui ! C’est moi qui t’es donné le sida ! C’est tout ce que tu méritais, tu m’as toujours traité comme un chien. Tu as toujours eu la belle vie, les belles choses et moi tu m’as jeté comme une merde ! Je voulais te tuer ! Mais te tuer aurait était trop simple pour toi. Alors j’ai décidé de t’injecter cette maladie, avec laquelle tu vas mourir à petit feu ! Je t’avais prévenu ! Je me VENGERAIS ! »

Le pire dans cette situation s’est qu’il disait cela avec une telle conviction, que tout le monde dans la pièce était resté bouche bée. Une colère m’a envahi, je me suis levé et j’ai voulu le tuer à mon tour. Les inspecteurs nous ont alors séparé. Tout est allé très vite après, il a été condamné à 10 ans d’emprisonnement ferme. Pour « tentative et homicide volontaire » car même si je ne suis pas mort sur le coup cette maladie le fera tôt ou tard.

Je sais clairement qu’on décéde beaucoup plus jeune à cause de cette maladie. On ne décède pas du sida mais les défenses immunitaires de votre corps s’affaiblissent et on attrape beaucoup plus facilement des maladies jusqu’à ne plus pouvoir les combattre. Les traitements ont certes évolué, mais il n’arrête pas le virus. Que vais-je dire à mes enfants, à ma femme ? J’ai si peur de l’avenir si vous saviez. Je donnerai tout pour revenir en arrière, pour tout recommencer. Il a clairement scellé mon destin. 

Cet homme m’a donné la mort ! 

Homme se donnant la mort

Si vous êtes confronté à une situation similaire, contactez le 17. Si vous avez eu des rapports à risque, n’hésitez pas à aller vous faire dépister dans le centre hospitalier le plus proche de chez vous. C’est gratuit dans certains hôpitaux notamment à l’Institut Pasteur dans le 15 ème arrondissement de Paris. 

Vous pouvez aussi faire des dons pour permettre aux associations et aux recherches d’évoluer.