Le Social Credit System est tout droit sorti d’un film de Science Fiction. Ce qu’on pensait impossible devient réel. Ce crédit social qu’est-ce que c’est ? C’est le nouveau système du gouvernement chinois qui note ces citoyens en fonction de leurs bons ou mauvais comportements. Leurs vies sera ensuite dépendantes de cette note, puisqu’ils pourront accéder ou non à certains emplois, aux prêts bancaires ou encore à l’inscription de leurs enfants dans de bonnes écoles. Mais pouvons-nous réellement évaluer quelqu’un sur son bon agissement ?

Comment le Social Credit System est-il créé ?

Le gouvernement chinois surveille de près ses citoyens. Il collecte les données de leurs vies quotidiennes puis les compilent dans un système de credit pour établir une note globale. Les critères de notation sont multiples. Les antécédents judiciaires, les performances au travail, l’achat de produit de mauvaise qualité sont pris en compte dans le score de chaque citoyen. S’ils manifestent des signes de non-conformité par rapport au profil attendu, ils seront pénalisés aussitôt. Au contraire, un citoyen obéissant aux lois sera gratifié. Déjà plus de 10 millions de Chinois ont été placés sur les listes noires dû à un score trop faible. Le gouvernement chinois met à disposition tout un arsenal de nouvelles technologies afin de mettre à bien son projet. Les données personnelles collectées via les paiements par téléphone sont le premier outil.

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Cette pratique est devenue une norme en Chine. La monnaie est de moins en moins utilisée créant des bases de données conséquente. La Chine aménage le système de caméra de surveillance le plus sophistiqué au monde doté d’intelligence artificielle. Ces caméras de surveillance fonctionnent nuit et jour et 365 jours/an. Elles identifient tous les citoyens et les suivent à la trace. Près de 600 millions de caméras pourraient être installées d’ici à 2020.

 

Qu’en pensent les citoyens ?

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Les Chinois sont formatés dès le plus jeune âge par le gouvernement, on imagine donc que le Score Credit System fonctionnera. Ils adhèrent à ce système comme nous adhérons aux gestions de données de Facebook ou des sites de e-commerce. Certains Chinois s’en amusent même en publiant l’évolution de leur score sur Internet. Leurs premières réactions n’ont donc pas été étonnantes. Le Social Credit System est selon eux « nécessaire et important » pour améliorer la fiabilité de la population. Ils le présente comme très efficace en ce qui concerne les avantages liés à une note élevée : « c’est une bonne idée, car personnellement, j’ai un bon score ». Leurs discours semblent changer lorsque le système de notation implique les relations personnelles. Particulièrement la façon dont la note peut être affectée en fonction de leurs fréquentations. Selon un sondage effectué par Asian Boss, 83 % des citoyens chinois n’arrêteraient pas de côtoyer des amis à faible note pour voir leur score augmenter. Il semble que les citoyens chinois soit mal informés sur les conditions qu’implique ce score.

Vers un monde « déshumanisé » ?

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Aujourd’hui essayer de protéger ses informations personnelles est une perte de temps. Nous assistons à une révolution des algorithmes et de l’Intelligence artificielle. Les données changent le monde et laissent place à une dictature de transparence. Nous faisons face à une surveillance perpétuelle et à une monnaie qui tend à disparaître au profit de critères moraux établies par les gouvernements. Le Social Credit System inquiète en robotisant ces citoyens mais pourrait bien traverser les frontières. Nos sociétés occidentales possèdent déjà ces systèmes de notation et de contrôle seulement moins présents qu’en Chine.