Saint-Barthélémy est comme un diamant brut avec lequel toutes les folies sont permises. Ses intimes l’appellent St-Barth, « L’île des millionnaires » ou encore « le Caillou ». Gustavia est la ville principale, où se situe le port de l’île. Elle fait partie des Antilles françaises et se situe entre l’océan Atlantique et la mer des Caraïbes.

Ma rencontre avec St-Barth

J’ai découvert St-Barth par hasard, à 19 ans. En effet, j’ai décidé de faire une pause dans ma vie, de m’évader, de partir loin et de prendre du temps pour me connaître. Je n’ai pas choisi d’aller vivre à St-Barth, comme un caprice, j’ai simplement suivi mon frère qui lui, avait décidé depuis bien longtemps de vivre de sa passion, dans un endroit paisible. 

Cependant, après y avoir passé trois mois lors de mes vacances d’été, j’ai réalisé que ce petit paradis m’avait rendu complètement addict. Je ne pouvais plus me passer de son parfum, cette odeur d’eau iodée, le sable chaud sous mes pieds, le soleil en permanence, le fracas des vagues sur la plage  et ses somptueuses plages de sables blanc. St-Barth a mis tous ses atouts en avant pour me charmer et me garder dans sa prison dorée. 

 

Gustavia capitale de St-Barth                           Coucher de soleil sur le port de Gustavia à St-Barth

Rester vivre à St-Barth ?

Le caillou a bel et bien réussi son coup. Finalement, je ne suis pas rentrée comme prévu afin de poursuivre mes études. C’est là que j’ai alors commencé à chercher un travail. Moi qui n’avais jamais travaillé plus que lors de jobs d’été de 4 semaines maximum, j’ai relevé le défis. 

À St-Barth, tout le monde à sa chance. En effet, les études ne sont pas un critère de réussite professionnelle, ni même sociale. Avec 3000 habitants à l’année, St-Barth triple sa population en haute saison, il faut donc beaucoup de personnel pour accueillir et s’occuper des riches vacanciers qui font escale sur l’île. 

De ce fait, j’ai commencé par déposer mes CV dans tous les hôtels, restaurants, agences de voyages, agence de location de villas, entreprises de location de bateaux. J’ai essayé par tous les moyens d’avoir un job, le plus rapidement possible. Être autonome à tout prix. Puis, dès le lendemain, j’ai eu un nombre d’appels téléphoniques inimaginable. J’ai carrément eu le luxe de choisir mon job ! Ce n’est vraiment pas ce à quoi on nous prépare en France métropolitaine. 

Puis j’ai commencé en tant qu’hôtesse de bord sur des catamarans et des petits yachts dans une marina située au coeur du port de Gustavia. Le rêve ! Nous partions en charter à la journée avec des clients à la découverte d’îles voisines comme Anguilla, qui est un île britannique, ou nous allions à la découverte des plages de St-Barth accessibles uniquement par la mer, comme la Baie de Colombier. Je n’ai jamais rien vu d’aussi beau ! C’était vraiment une chance et une opportunité incroyable. J’ai eu accès à un monde dont j’ignorais complètement l’existence.

Plage de sable blanc à Anguilla, Rendezvous Bay         Escale à Anguilla avec Bosco Yacht         Déjeuner sur la plage de Rendezvous Bay

 

Vivre à St-Barth, mais à quel prix ?

Bien que la vie sur le caillou semble être idyllique, je me suis néanmoins vite aperçue de son côté plus sombre. Saint-Barth est aussi synonyme de crise du logement. En effet, les loyers des appartements sont exorbitants. Évidemment, tant que je vivais chez mon frère je n’avais pas vu la chose sous le même angle… Mais il a finalement trouvé un autre job à Tahiti et a quitté l’île un mois après mon arrivée définitive. J’ai donc dû prendre mes responsabilités. 

J’ai commencé à éplucher les annonces en vingt dans Le News : « Loue studio 15m2 1500 euros ; Appartement de standing 20 m2 1800 euros ; Appartement deux chambres 90 m2 2300 euros, animaux et enfant non acceptés ». Cette dernière phrase m’a fait rire autant qu’elle m’a choqué ! Est-ce une blague ? D’accord je n’ai ni enfant, ni animaux mais quand même, ça surprend ! Et puis on s’y fait. Les St-Barths sont en effet assez exigeants quant aux occupants de leurs résidences qu’ils chérissent tant. Je crois que c’est d’ailleurs la première question que l’on m’a posée à chaque visite, avant même de savoir si je pouvais me payer un appartement à ce prix là. 

Une fois le problème du logement solutionné, il faut maintenant remplir le frigo. Alors pas trop, car étant donné que je travaillais très tôt le matin jusqu’à très tard le soir, j’étais souvent nourri sur mon lieu de travail. Et tant mieux ! Car le pack d’Evian à sept euros ça fait mal. Je vous laisse imaginer le prix des yaourts, du fromage et des fruits, tout ce que j’adore à vrai dire arrive en avion sur notre belle île de Saint-Barthélémy. Et oui même les aliments voyagent en jets privés, ici le luxe est partout. 

Les locaux à St-Barth

Néanmoins, St-Barth m’a rendu les sacrifices que j’ai fait pour rester vivre dans cette bulle. C’est vrai, on est loin de tout, comme coupé du monde, à 8000 kilomètres de Paris. Je ne suivais plus les actualités « françaises » et je n’en ressentais pas le besoin. J’ai eu la chance de faire un métier atypique et de faire des rencontres inoubliables. Je me suis fait des amis formidables qui sont devenus comme une seconde famille, ma famille aux Antilles, avec qui j’ai partagé énormément de moments magiques et insolites, que peu de personnes ont la chance de vivre et nous en sommes conscient. C’est pour cela que nous profitons pleinement de chaque moment passé dans notre « paradis ». 

Nous avons aussi la chance de côtoyer les personnes les plus riches et influentes de ce monde, qui sont étonnamment très accessibles sur l’île car ils ne ressentent pas d’insécurité et se mêlent très volontiers aux locaux. C’est vraiment très enrichissant de pouvoir parler avec des individus de milieux très différents. Les américains représentent 80% de la clientèle de St-Barth et sont très “friendly” et généreux. 

D’ailleurs St-Barth est très renommée pour être une île « safe ». Je crois que c’est le seul endroit au monde où il y a 0% d’insécurité. D’où une qualité de vie plus qu’exceptionnelle. 

 

Baie de Colombier à St-Barth                            La nature à St-Barth

St-Barth et la nature : une préoccupation permanente

Les locaux sont très reconnaissants envers leur île et tous tiennent à la préserver. Il existe beaucoup d’associations de protection de la nature, pour préserver les tortues terrestres, les iguanes, les coraux, la faune et la flore plus globalement. D’ailleurs il n’est pas rare de voir des tortues dans votre jardin afin de trouver un peu de nourriture et d’eau. En effet, tout le monde met des fruits, des légumes pour qu’elles puissent s’alimenter plus facilement car les terres à St-Barth sont très arides et beaucoup d’animaux meurent de soif.

Il y a par exemple l’association St-Barth Essentiel, fondée et présidée par Hélène Bernier depuis 2009. Elle a pour vocation de préserver « la protection des intérêts historiques, culturels, patrimoniaux et environnementaux de l’île de Saint-Barthélemy ainsi que son cadre de vie ».

Car on a tendance à l’oublier, mais les St-Barth souhaitent aussi préserver les littoraux. D’année en année, les plages rétrécissent dû à la montée des eaux. Pourtant les permis de construire pour des hôtels de luxe, des villas de riches propriétaires et des restaurants continuent néanmoins d’être accordés.. Nos plages de sables blanc sont donc davantage menacées.

iguane à st-barth

Le risque cyclonique

Le risque cyclonique se fait ressentir chaque année un peu plus. La saison cyclonique commence au mois d’Août jusqu’en Novembre.

Le 15 Octobre 2015, j’ai vécu mon premier cyclone, Gonzalo. St-Barth et St-Martin ont été surprise par Gonzalo qui est passé au travers des radars. Personne ne l’a vu arriver. J’ai été choqué par la violence de cette catastrophe naturelle. Une cinquantaine de bateaux plongés au fond du port, des bateaux échoués sur les plages ou fracassés contre les rochers. Des avions et des voitures retournés. Des morts. Certaines familles vivant sur les bateaux ont tout perdu.

Je suis restée enfermer trois jours durant, sans pouvoir sortir à cause des rafales de vent allant à plus 300 km/h. Je n’osais pas sortir car tout le monde dit que lorsque l’oeil du cyclone est sur nous, c’est le moment le plus calme et le plus dangereux à la fois. Ce sont des périodes tragiques, dramatiques dans lesquels les locaux sont très solidaires entre eux. Une grande leçon de vie que j’ai prise à cette occasion : la solidarité. C’est une valeur que les habitants de l’île détiennent tous. Nous avons organisé des collectes de fonds pour aider ceux qui n’avaient plus rien. Des dons de vêtements, de jouets, de nourriture. Des habitants en ont accueilli d’autres le temps de reconstruire leur bateau.

Néanmoins, Gonzalo n’était rien à côté d’Irma, survenue le 6 Septembre 2017. Les îles de St-Barth et St-Martin ont encore aujourd’hui des séquelles. Irma a tout emporté sur son passage. Les écoles, les maisons, les hôpitaux, les hôtels. Il ne restaient rien. Mais une fois de plus la solidarité des habitants a permis à l’île de St-Barth de se reconstruire. Un an et demi après la catastrophe, les hôtels et restaurants ouvrent à nouveaux leur portes.

St-Barth est un tremplin à la vie

Chaque année se déroule la Bucket Regatta à St-Barth, au mois de Mars. Il s’agit d’une course rassemblant les plus beaux voiliers au monde.

Beaucoup viennent admirer les voiliers, sponsorisés par des marques de luxe, de mode, des maisons horlogères ou encore de spiritueux. Cela m’a donné un aperçu différent de ce qu’est le luxe. En effet, des dîners prestigieux sont organisés dans les plus beaux restaurants de l’île comme le Bonito ou L’Isola, qui sont pour moi les plus beaux restaurants de l’île, avec une ambiance cosy-chic ainsi qu’une cuisine divine. Évidemment, il faut ensuite inviter des personnes aussi “exceptionnelles” que ces lieux incontournables, qui font la renommée de St-Barth.

C’est lors de ce genre d’événement que j’ai eu l’opportunité de rencontrer des célébrités, des PDG de grandes entreprises internationales, mais aussi des photographes de mode, des mannequins… bref tous sont rassemblés dans une ambiance chaleureuse, conviviale et plutôt décontractée.

A vrai dire, St-Barth est peuplée toute l’année de ces personnages “intouchables” dans la “vraie” vie, qui s’ouvrent et se rendent accessibles en vivant auprès des locaux le temps des vacances. Des liens se tissent au fil du temps, car il n’est pas rare de revoir les mêmes vacanciers qui ont leurs habitudes dans notre petit paradis. Et ils proposent parfois leur aide à la réalisation de projet de certains privilégiés.

Pour en savoir plus, vous devrez prendre un aller simple direction St-Barth, cette petite île de 30 kilomètres carré de superficie afin d’y découvrir tous ses secrets.

Victoria

 

St-Barth Bucket Regatta 2014