La techno est un style musical créé dans les années 80 à Détroit. Caractérisée par des sonorités répétitives électroniques, elle se popularise au fil du temps et devient un véritable courant socio-culturel. Ce mouvement musical plait de plus en plus et fascine la jeunesse et pas que, même GIVENCHY s’est mis à la techno pour son dernier spot publicitaire. Face à un tel engouement, de nombreux clichés sont véhiculés sur ce milieu. Perçue comme “une musique sombre des jeunes drogués”, elle reste en réalité, un phénomène bien plus complexe à comprendre.

Techno, la nouvelle pop des jeunes ? 

Décrite comme « la nouvelle pop des adolescents » par le site Huluberlu, la techno semble séduire un public de plus en plus jeune. Ce constat se voit directement dans les clubs  et les festivals parisiens. Des événements qui n’auraient ramené que quelques puristes de la musique électro il y à 10 ans, attirent des milliers de jeunes aujourd’hui. Un public souvent moins expert sur la qualité des sons créant un nouveau mouvement de techno à visé commerciale. En réponse à cette tendance, des collectifs de soirées, comme « Peripate », imposent une limite d’âge de 23 ans pour éviter cette jeunesse en masse. Même à Berlin, la boite de nuit le « Berghain », réel sanctuaire des puristes du genre, instaure une sélection drastique a l’entrée. La moyenne d’âge y est de 35 ans. Loin d’être botoxée, la ride est recherchée dans ce milieu.

Faut-il se droguer pour aimer la techno ?

Overdose à l’extasy 

Associer la musique techno et la drogue est chose courante aujourd’hui. Cette mauvaise réputation, alimente le mythe du « teufeur » sous substances en pleine « raves parties », ces fêtes techno clandestines en plein air. Or, la techno a évolué et s’est délocalisée dans des clubs. Aussi surveillés qu’Alcatraz, la drogue y est formellement bannie, ce qui n’empêche pas ses clients d’en consommer. De récents comas dus au GBL, (dérivé du GHB), ont provoqué plusieurs fermetures de ces boites de nuits (Rex Club, Nuits Fauves). Là, tout le problème d’aujourd’hui : les accidents. Les jeunes associent de plus en plus la prise de stupéfiants à un acte « fun » et anodin. Une consommation de drogue excessive expliquée par sa facilité d’accès.

Mais bon, il serait facile de réduire la techno à une musique de drogués. On sait tous que la fête, en son sens général, est synonyme d’excès et de transgression. Loin d’être la première musique associée aux drogues, le rock faisait l’objet de commentaires similaires dans les années 60. Face à ces accusations, Laurent Garnier, le David Guetta de la techno, déclare à l’Express : « Quant aux amalgames sur les drogues, j’ai renoncé à m’énerver contre ces raccourcis ridicules. La drogue a toujours été liée au monde de la nuit et de la fête. Pourquoi stigmatiser la techno ? Est-ce que, pendant le Festival de Cannes, on parle de la consommation de cocaïne ? Non, on parle de cinéma ».

Un style musical qui se prend trop au sérieux ?

Live techno dans la boîte de nuit Huxley’s Neue Welt, Berlin

La mode de la techno est au noir, l’attitude y est froide et grave. Cet univers se ressent dans ses sonorités sombres et bruts. On oublie vite qu’à l’origine, la musique de Detroit se veut festive et au contraire très second degré. On est loin de l’attitude mortuaire que défendent les adeptes d’aujourd’hui.

Certains, prônent le retour à cette légèreté. Ravelations, est un site qui revendique la techno détendue à travers des parodies. John, son créateur, affirme sur Sourdoreille, que son idée est née de l’envie de « se marrer et pour faire rigoler un milieu qui selon moi, manque cruellement de second degré et de recul. »