Le constat est sans appel pour Laurent Wauquiez.
Selon un sondage réalisé par l’institut YouGov, seulement 10 % des français estiment qu’il incarne le mieux la droite. Depuis son élection à la tête du parti Les Républicains en décembre 2017, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes n’imprime pas auprès de l’opinion publique.
Retour sur le parcours de l’homme à la parka rouge.

L’obsession de Laurent Wauquiez : vouloir faire oublier qu’il est issu d’une famille de grands industriels. Il répète, à tous ses interlocuteurs, avoir été élevé dans les campagnes des montagnes auvergnates…
Pourtant, il n’en est rien.
Le petit Wauquiez a été élevé dans le très chic 7ème arrondissement de Paris. Puis, il a étudié dans les plus prestigieuses écoles de la République : Sciences-Po, ENA et Normale Supérieure.
Ce qui n’est en rien un défaut.
Mais lorsque, aujourd’hui, le patron des Républicains tente de vouloir (sur)jouer le positionnement anti-élite et anti-Paris, Laurent Wauquiez joue contre-nature.

Repéré par Jacques Barrot, Ministre sous Valéry Giscard-D’Estaing, Laurent Wauquiez va débuter sa carrière politique en 2004. Il brigue alors la députation de la 1ère circonscription de la Haute-Loire.
Pas suffisant pour cet ambitieux, le désormais député est repéré par Brice Hortefeux, ami proche de Nicolas Sarkozy.

Wauquiez : Ministre sans filtre

Laurent Wauquiez pensif

En juin 2007, après les élections présidentielles et législatives remportées par la droite, il intègre le Gouvernement dirigé par François Fillon. Il devient alors le plus jeune Ministre sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, à l’âge de 32 ans.

Le président de la République de l’époque va alors lui demander de moderniser la parole du Gouvernement.

Très apprécié par les militants de droite, il va gravir les échelons gouvernementaux : Secrétaire d’état de l’Emploi en 2008 puis Ministre des affaires européennes en 2010 et enfin, consécration, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en 2011.
Tout au long du quinquennat, le fils d’Éliane Wauquiez-Motte va se forger une image d’homme à la parole libre : il va notamment critiquer les « dérives de l’assistanat » qu’il considère comme « le cancer de la société française ». Il pointe du doigt les allocataires du RSA. (Revenu de Solidarité Active)

Finalement, à la suite de la victoire de François Hollande en mai 2012, et du retour de la gauche au pouvoir, il critiquera vertement Nicolas Sarkozy de ne pas avoir suffisamment siphonné les voix du Front National.

2012-2017 : discrétion assumée

En juin 2012, réélu député, il va faire parler de lui pour son combat acharné contre le mariage pour tous.
Il juge l’homosexualité incompatible avec ses « valeurs personnelles » … alors même, selon plusieurs quotidiens nationaux, qu’il fréquente et cajole très assidûment ses amitiés dans le milieu gay parisien.

Il passera la suite du quinquennat sous une forme d’anonymat relative jusqu’au retour de Nicolas Sarkozy, qu’il soutiendra pendant les primaires de la droite et du centre fin 2016.
Suite à la désillusion François Fillon en mai 2017, Laurent Wauquiez va s’embarquer à la conquête du parti de droite.

À la conquête du parti Les Républicains

Pour s’emparer du parti de droite, Laurent Wauquiez utilise de vieilles recettes : mise en scène de sa vie de famille et de ses enfants (de 14 et 11 ans) lors d’un petit-déjeuner organisé en Une de Paris Match et sommation d’une politique eurosceptique assumée.
Et ça marche puisque sa victoire, en décembre 2017, est nette au 1er tour avec plus de 74 % des voix.

Mais le scrutin pour l’élection à la magistrature suprême n’est pas du même acabit. Et à vouloir chasser sur les terres du Front National, ne risque-t-il pas de se faire évincer ?

Les européennes : premier vrai test pour Wauquiez

Désormais installé confortablement à la tête du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez doit convaincre les sceptiques. Et ils sont nombreux, en coulisse, à attendre un faux pas du quadragénaire.
Laurent Wauquiez ne convainc pas encore tout à fait les sarkozystes (dont Rachida Dati par exemple) et les tenants de la droite modérée.

En choissisant François-Xavier Bellamy , philosophe très conservateur (il est notamment contre l’IVG), Laurent Wauquiez fait le pari risqué d’une droite très (trop?) à droite.
Mais à vouloir chasser sur les terres du Front National, ne risque-t-il pas de se prendre une sévère claque électorale ?

Réponse le dimanche 26 mai aux alentours de 20h00.